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IAIN SINCLAIR - GHOST MILK (HAMISH HAMILTON, 2011)
publié le 3 octobre 2011
Depuis quatre décennies qu’il parcourt Londres en traverses étoilées et éclaircit les entreprises malfaisantes qui la détraquent et la défigurent, Iain Sinclair avait au moins un pré carré où rentrer souffler : l’imprenable Hackney, où il a élu domicile en 1969. Point de départ de ses premières errances en texte réel (Lights Out for the Territory, en 1997), le fameux borough du nord-est tonnait doucement à l’horizon de ses enquêtes, loin des hurlements de la City ou des traînées écarlates entre les pavés (...)
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GABRIEL JOSIPOVICI - MOO PAK (TRAD. BERNARD HOEPFFNER, QUIDAM, 2011)
publié le 11 avril 2011
Pas franchement prophète en son pays, Gabriel Josipovici (1940- ) fait partie de ces modernistes engagés dont on chérit l’existence à distance mais dont on laisse aussi volontiers les livres mariner dans leur jus, accablé a priori de leur sérieux et leur intellect (soit dit en passant, j’ai entendu l’autre jour une Dame de Télérama reprocher à un roman d’être trop intelligent, et j’ai été tellement embarrassé pour elle que je me suis un peu démis la mâchoire). Il faut dire qu’il a fort à faire dans sa (...)
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RICHARD POWERS - GENEROSITY (FSG, 2009)
publié le 21 mars 2011
Cet article a été écrit à l’occasion de la parution américaine en 2009. La traduction française de Générosité, due à Jean-Yves Pellegrin, a été publiée au Cherche-Midi, dans la collection Lot 49, en 2011.
On s’interroge souvent de savoir si un roman est facile ou difficile à lire ; on se demande moins souvent à l’attention de qui (le lecteur maigre ou le lecteur ventripotent, l’universitaire bossu ou la mie de l’auteur) il déroule ses phrases, s’il est accueillant ou, pour reprendre un mot de Julian Rios (...)
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ENTRETIEN AVEC RICHARD GROSSMAN
publié le 19 janvier 2011
C’est un livre qui paraît ces jours mais qu’on attendait depuis des lustres : le premier roman traduit en Français de l’Américain Richard Grossman, et le premier volet de l’un des projets littéraires les plus ahurissants à avoir émergé de l’humus fluide des accotements de la littérature américaine contemporaine. Né en 1943, ce poète maverick a fait sa révolution littéraire dans un isolement surprenant, avec une dévotion et une fortitude confinant à l’abnégation, à l’exaltation mystique ou à la démence. (...)
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publié le 16 novembre 2010
Vu l’amour qu’on porte à son oeuvre énorme (voir l’article ci-contre), c’est peu de dire qu’on se réjouit : à l’occasion de la sortie chez Inculte de son London Orbital de 2004, le barde, polémiste, psychogéographe et alchimiste de la langue anglaise Iain Sinclair rend visite aux parisiens pour deux lectures événements qu’on ne manquerait sous aucun prétexte. La première, plus confidentielle, se tiendra ce mercredi 17 novembre à partir de 20h au fameux Comptoir des mots de la rue des Pyrénées (au 239, (...)
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Iain Sinclair - London Orbital (Inculte - 2010 - Trad. Maxime Berrée), Edge of the Orison (Hamish Hamilton - 2005), Hackney, That Rose-Red Empire (Hamish Hamilton - 2009) et tous les autres
publié le 16 novembre 2010
« For if you think of it, there is a London cognita and a London incognita » (Arthur Machen) Si l’on en croit Gabriel Josipovici (dans son récent et très polémique What ever happened to modernism ?), la littérature anglaise contemporaine ne vaut pas grand-chose. Barnes, McEwan, Amis, pour n’en citer que trois, sont pourtant de véritables stars de la chose littéraire dont chaque publication française fait retentir un bruit de caisse enregistreuse et un cri de félicité chez les libraires. Si l’on peut (...)
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Reinhard Jirgl, Renégat, roman du temps nerveux (trad. Martine Rémon - Quidam Editeur, 2010)
publié le 8 novembre 2010
Hitchcock aimait les titres en un mot qui avaient l’air d’encapsuler parfaitement l’ambiance ou le ton de ses films, Frenzy, Vertigo, Psycho. Le romancier allemand Reinhard Jirgl choisit Renégat (certes sous-titré d’un explicite descriptif : « roman du temps nerveux »), il aurait pu opter pour Tension. Évidemment, cette tension-là n’a rien d’hitchockienne. La tension jirglienne, c’est, sur le papier comme dans les airs et dans les ondes, celle d’une langue que Jirgl étire jusqu’à la faire claquer (et (...)
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STEVEN MOORE, THE NOVEL, AN ALTERNATIVE HISTORY, BEGINNINGS TO 1600 (CONTINUUM, 2010)
publié le 23 août 2010
Steven Moore a eu l’idée d’écrire une histoire alternative du roman en 2002, au moment même où il découvrait la première traduction en anglais après 5 siècles de l’Hypnerotomachia Poliphili, monstruosité littéraire de la Renaissance italienne écrite dans une langue partiellement inventée à laquelle il faudrait consacrer un wiki entier* et où, simultanément, le roman de tradition « expérimentale » subissait sur trois fronts une étonnante attaque agglutinée. Rappelez-vous, le méchant bataillon avait pour (...)
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Shelley Jackson - La mélancolie de l’anatomie (José Corti, Trad. Bernard Hoepffner - 2010)
publié le 8 février 2010
« J’ai enroulé un écheveau d’herbes autour de mon poing et j’ai observé les tiges cireuses alignées contre le dos de ma main. C’est ça, le monde réel, me suis-je dit. Fais y plus attention ».
Partie I : François Monti
Nous sommes plusieurs à être tombés amoureux de Shelley Jackson à la sortie de Half life, son premier roman traditionnel imprimé sur papier. On pourrait croire que l’Américaine, 46 ans, quelques années de vie commune avec Jonathan Lethem et quelques livres pour enfants au compteur n’est (...)
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William H. Gass - Sonate Cartésienne (Le Cherche Midi, coll. Lot49, 2009 - trad. Marc Chénetier)
publié le 23 novembre 2009
Mon Dieu, rappelez-vous que je suis censé penser ; sentir et voir pour tout le monde – vous vous rendez compte ! -, c’est ça le vrai boulot de l’auteur ; et tout ce temps-là, le Christ roupille dans son fauteuil. Au détour d’un de ces coups de volant importuns qui sont la mousse et la littérature du grand William Gass, l’histoire d’une medium malchanceuse mute subrepticement en calque palimpseste d’un mur de toilettes au fond d’un bar-salle de billard à la campagne, mêlant « cloques de la peinture, (...)